
“Former à l’IA sans maturité créative : l’impasse silencieuse de 2026”
Il existe des prix pour l’innovation pédagogique. Pour l’insertion professionnelle. Pour la notoriété. Pour la satisfaction étudiante.
Mais…
et si l’on récompensait la maturité créative ?
Pas l’idée brillante d’un étudiant.
Ni le dernier outil IA utilisé par un prof.
Mais la capacité réelle d’un établissement à faire éclore la créativité à long terme, chez ceux qui le quittent diplômés pas uniquement chez ceux qui y entrent motivés.
Aujourd’hui, l’IA permet à n’importe qui d’accélérer sa productivité, de créer plus vite, de pitcher plus fort, de prototyper plus tôt.
Mais est-ce que cela développe vraiment la créativité de fond ?
Ou est-ce que cela la court-circuite ?
En 2026, on forme des étudiants capables de maîtriser Midjourney, Notion, ChatGPT, Figma ou Miro.
Mais combien comprennent vraiment ce qu’est un facilitateur ?
Combien savent impulser un cadre d’intelligence collective, dans une équipe en tension ?
Combien ont été confrontés à l’inconfort d’un vide créatif : celui qui précède toute vraie innovation ?
Les années de formation sont censées servir à cela.
Mais la plupart des jeunes diplômés que je rencontre disent avoir dû développer leur créativité seuls, à côté, en dehors, parfois contre les formats enseignés.
Parce qu’il y a une grande confusion.
Ce n’est pas en “ajoutant un atelier créatif” qu’on forme à la créativité.
Ce n’est pas en donnant un outil qu’on développe la pensée.
Et ce n’est pas en parlant d’innovation qu’on apprend à innover.
La créativité n’est pas une compétence.
C’est une maturité.
Elle se construit par frottement, par prise de risque, par friction douce entre étudiants, enseignants et environnements.
Elle se révèle… ou s’éteint.
Alors voici une question :
Pourquoi ne pas créer un Prix de la Maturité Créative dans les établissements supérieurs ?
Pas pour récompenser les idées flashy.
Mais pour reconnaître celles et ceux qui ont su orchestrer un écosystème d’éveil durable.
Où la créativité ne vient pas en option, mais comme une respiration.
Et si c’était ça, l’avenir d’un campus à l’ère de l’IA ?