
Et si on arrêtait de confondre créativité et “fun” ?
Ces dernières semaines, j’ai eu un échange bousculant avec un chercheur en créativité. Il défend une vision exigeante, ancrée dans l’inconscient, l’inquantifiable. Moi, je viens du terrain : technicien support de proximité, obligé d’être très concret pour que les gens puissent travailler, vite.
Son regard a mis une claque à mon projet.
Mais une claque utile.
Au départ, j’avais naïvement appelé mon outil “test de créativité”. Avec ses retours (parfois cash) et l’appui de la littérature scientifique via Perplexity, j’ai compris que je ne mesurais pas “la créativité” en tant que telle. J’essaie plutôt de lire la maturité créative d’un système.
Voilà où j’en suis aujourd’hui :
La maturité créative, c’est la capacité d’une organisation, d’une équipe ou d’un individu à créer les conditions favorables à l’émergence, l’expérimentation et l’évolution des idées.
Elle ne repose pas sur le talent seul, mais sur des postures, des pratiques, des cadres qui autorisent le questionnement, l’essai, l’erreur et l’ajustement.
Elle se voit dans la manière dont on traverse la complexité et dont on transforme les contraintes en ressources.
Je ne crois pas que la créativité soit totalement mesurable.
Mais je pense qu’on peut observer deux choses :
des outputs visibles,et des conditions systémiques (climat, liberté, pratiques, management).
Regarder ces dimensions ensemble crée quelque chose de précieux :
une conscience partagée. Et donc, du potentiel d’action.
Mon objectif n’est pas d’enfermer la créativité dans des cases, mais de la rendre visible, légitime, surtout dans les lieux de transmission (établissement de formation, campus) où elle est encore trop souvent marginalisée ou réduite à “on va faire un truc fun”.
À l’ère de l’IA, je suis convaincu qu’on devra encore plus travailler les conditions d’émergence des idées, pas seulement les outils.
Concrètement, j’ai posé deux cadres :
13 questions pour lire l’intelligence collective,
18 questions pour évaluer la capacité d’un établissement de formation à faire exister la créativité comme levier structurant.
Ce n’est pas une vérité. C’est une tentative. Une brique, comme Foursight l’a été pour moi.
La suite ?
Réaliser des POC, analyser la data avec un data scientist et voir si cette brique tient la route. Peut-être qu’une partie tombera. Peut-être que d’autres dimensions émergeront. Mais au moins, nous aurons une base commune pour discuter de créativité autrement que par intuition ou slogans.
Cet échange m’a rappelé une chose essentielle :
ce sont les tensions entre deux visions (ici, l’inquantifiable et le mesurable) qui font progresser une idée.
Et vous, comment faites-vous exister et/ou mesurer la maturité créative et l’intelligence collective dans vos équipes ou vos lieux de formation ?